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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /Fév /2010 22:40

On pourrait croire qu’excellence et perfection sont synonymes, tant la course à la performance est répandue. Des objectifs toujours plus élevés, des résultats à court-terme exigeants, une recherche permanente du zéro défaut : le « top niveau » deviendrait presque la norme…

 

D’ailleurs, même quand personne ne le demande, on s’impose facilement une pression semblable. On voudrait être parfait, on s’en veut dès que l’on a commis une erreur, on a envie de disparaître sous terre quand on est pris en défaut. Emporté par le mythe de l’excellence, on n,e tolère aucune faiblesse, ni les siennes, ni celles des autres. C’est la maladie du perfectionnisme : l’idéal ou rien.

 

Sait-on que l’on se trompe de combat ? En effet, la recherche de l’excellence n’a rien à voir avec la poursuite de la perfection.

 

L’excellence incorpore toujours les erreurs. C’est en tirant des leçons de ses expériences que l’on peut s’améliorer. On accepte donc de chuter, de ne pas avoir raison. De plus, admettre ses échecs témoigne de l’aisance que l’on a acquis avec soi-même. On ne se prend ni pour Dieu, ni pour un surhomme, on est tout simplement soi. Donc vulnérable, faillible, mais aussi capable d’évolution.

 

L’excellent aime à apprendre ; sentir qu’il progresse est même l’un de ses moteurs principaux. Il sait qu’il n’est pas parfait, mais perfectible.

 

Celui qui court derrière la perfection, en revanche, n’accepte pas l’erreur.

En fait, il ne tolère pas les faiblesses inhérentes à la nature même de l’homme. Le perfectionniste est semblable au misanthrope, il n’aime pas l’humanité. Son tempérament inquiet et exigeant l’amène souvent à vouloir tout contrôler, connaître, vérifier. Chaque imperfection du quotidien lui est insoutenable car elle lui rappelle sans cesse qu’il n’est pas cette personne irréprochable qu’il idéalise en lui-même.

 

L’excellent, de son côté, prend plaisir à poursuivre son chemin. Il est rigoureux, mais pas tatillon. Il observe ses erreurs et accepte les remarques des autres. Il sait qu’une critique, surtout lorsqu’elle lui semble exagérée, souligne une faiblesse… et donc un domaine de perfectionnement possible. Il essaie, chute, apprend, se redresse, essaie de nouveau et s’améliore d’année en année.

 

Il ne veut pas se tromper ; il se demande plutôt : « qu’ai-je appris de cette erreur ? Comment ne pas la reproduire ? » Et ainsi, petit à petit, il se rapproche de son idéal.

 

 

 

                                                                                              Meryem Le Saget

Par L'une - Publié dans : Sagesse
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